Phèdre

15 juin 2017

Théâtre - Compagnie Patrick Schmitt

(Environ -370 av.JC)

De la pensée en mouvement

Le Banquet n’est pas le seul ouvrage dans lequel Platon ait traité de l’amour.La plus grande et peut-être la plus belle de Phèdre y est également consacrée.

À l’image du « Discours sur l’amour » (autre titre attribué au Banquet), Platon y distingue deux espèces d’amour : l’amour vulgaire et l’amour honnête, l’amour vulgaire visant au seul plaisir de la chair, et par extension à la brouille et à l’abandon ; l’amour honnête correspondant à l’amour céleste.

Sa doctrine demeure donc la même dans les deux ouvrages, mais elle est présentée dans le Phèdre d’une manière différente en ceci qu’elle est rattachée aux systèmes de la réminiscence et des Idées.

Les âmes humaines ont jadis suivi le cortège des dieux, lorsque ceux-ci s’en allaient contempler le monde des Idées au-delà de la voûte céleste, mais entravées dans leur essor par leur passion brutale, elles n’ont pu accéder, comme les dieux, à cette vision pleine et entière de l’absolu. Ainsi sont-elles retombées ensuite sur la terre, n’ayant entrevu qu’une parcelle très infime de la Vérité.

Une seule Idée, la Beauté, était cependant plus facile à voir que les autres, à cause de son éclat resplendissant, et notre âme en a gardé plus aisément le souvenir.

Ainsi, toutes les fois qu’ici-bas, elle rencontre un être où brille cette image de la Beauté, elle est attirée par lui et en tombe amoureuse, aimant à la fois l’être et cette Beauté absolue, dont il porte le reflet.

Platon a jeté dans Phèdre tout le poids de son concept philosophique. Composé apparemment d’un traité sur l’amour et d’un traité de rhétorique, on est confondu d’admiration, lorsqu’on découvre ensuite le lien entre les deux parties et qu’on se voit contraint d’accepter l’ouvrage d’un seul et même tenant.

Le badinage des interlocuteurs est un ravissement. La clarté, la concision, la pureté du style sont au-dessus de tout éloge.

 

La scène commence à Athènes au petit jour. Le jeune Phèdre vient de sortit d’un cours de rhétorique, celui du sophiste Lysias. Ce dernier vient de tenir un discours, démontrant « qu’il vaut mieux accorder ses faveurs à un homme qui n’aime pas, plutôt qu’à un homme amoureux. »

Phèdre, subjugué par cet écrit, s’empresse aussitôt d’en faire part à Socrate, qu’il vient de rencontrer sous le mur de la ville.

Socrate, voyant Phèdre sous le charme de l’essai, et voyant du même coup en Lysias un rival dans la conquête du jeune homme ne va pas en rester là...

 

Distribution

  • Conception et interprétation : Patrick Schmitt
  • Mise en scène : Emmanuelle Meyssignac
  • Costume : Laurence Chapellier

Crédit photo : Chantal Depagne